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28 décembre 2009, premier jour sur le North Shore d'Hawaii...
Le réveil est facile. Ca me rappelle la première fois que je suis allé à Eurodisney quand j'avais 10 ans, j'étais surexcité et levé à 5h du mat avant tout le monde. C'est un peu pareil, je me réveille dans le plus beau parc d'attraction pour surfeurs et photographes, dans la propriété de Pancho Sullivan, à 7h du matin à la meilleure période de l'année pour les vagues : j'ai le sourire.
Rien à manger, on enfile des vêtements d'été (boardshort, tee shirt et tongs) et tout le matos photo pour la journée et on file au Foodland. La descente de Pupukea Road est grandiose. Très sinueuse (style montagneuse), elle découvre après un virage une vue magnifique sur la côte : à gauche Haleiwa et Waïmea Bay, à droite Pipeline et Sunset. L'océan semble calme, le vent est inexistant mais les lignes de houle raient la surface de l'eau jusqu'à l'horizon. On arrive au Foodland : climatisation à fond, déjà du monde, que des têtes de surfeurs en short barraqués et tatoués, pickup bourrés de planches sur le parking et beach cruser hallucinants parqués sur la zone réservée aux vélos. On trouve du beurre salé "Président", ça c'est fait. Sandwichs, bières "Pipeline", café au starbuck et nous voilà repartis vers l'Est à la recherche de Pipeline. La route suit la côte mais on ne voit que rarement la mer à cause des maisons agglutinées sur la plage.
On arrive à un parking que je reconnais : c'est là y a pas de doute, en face de l'école. Je me gare puis court vers la plage : vision de magazine. Un "Pipe" de 3 m déroule parfaitement avec un spot à chaque vague, du monde à l'eau, plein de photographes aux objectifs démesurés, cabane de lifeguard sur la plage et drapeaux rouge "no swimming". C'est con mais voir ça de ses propres yeux fait oublier tous les soucis du monde... Je m'installe à droite de Pipeline pour choper les mecs de côté dans le tube. Backdoor semble fermer et 9 gars sur 10 part sur le Pipe. Faut faire un choix de toute façon. Je sors le monopode, et je shoot.
La plage est surnommée par les photographes "Kodak beach" car c'est un vrai studio photo. Je confirme. C'est simple, tout y est parfait. Le soleil se lève face à la vague donc la lumière est parfaite le matin, les alizés ne se lèvent que l'après midi donc le matin c'est glassy, la vague pète très prêt du bord (100 m), l'eau est entre le bleu ciel, turquoise, bleu blanc avec la mousse mais toujours incroyable, la plage est composée de sable jaune très doux, surplombée de cocotiers qui cachent les maisons en bois, les filles se promènent en bikinis et sont pour la plupart sorties de magazines de modes, la vague est régulière, creuse, décale, offre des séries énormes, des souffles monumentaux, en gros elle fait le show. Et enfin, le niveau moyen des surfeurs à l'eau fait penser à une compet du WCT. Mais attention, derrière ce paradis, l'enfer n'est pas loin. A marée basse, des blocs de récifs sortent de l'eau devant la vague, on a de l'eau au niveau des genoux dans la zone d'impact, la vague jette d'un seul coup obligeant quasiment à chaque fois le late take off, et le courant au bord est phénoménal. Bref, je suis resté au bord regarder les surfeurs. Les aquashoots demandent une sacré expérience du spot, et de toute façon vu le nombre de mecs à l'eau à faire de la photo, je préfère rester pénard sur le sable.
La matinée se passe, je multiplie les différents points de vue de la vague. N'ayant pas de gros zoom performant, je me concentre sur des photos d'ambiance et de lin-up, et y a de quoi faire. La marée descend de plus en plus et la vague devient vraiment très méchante. Les surfeurs sortent tous un par un. On décide de bouger pour se faire un peu de plage et Jessica veut nager en eau tranquille, je lui propose Waïmea Bay.
On retourne sur nos pas, on passe le foodland, puis on passe devant l'église avant de passer sur le pont de la Waïmea River pour enfin trouver le parking. Plein, évidemment. Demi tour, on s'est garé finalement sur le parking au pied de l'église. On descend ensuite sur la plage à pied. Rien n'est prévu pour les piétons là-bas, c'est un peu énervant, et surtout super dangereux. La plage est sympa, coupée en deux par la waïmea river, avec quelques cocottiers qui descendent sur la plage. Les lifeguards surveillent sans stress les touristes qui se baignent. Après tout, il n'y a que 4m au large et 2m aux séries dans le shorebreak (à peine 1m selon eux). L'eau est délicieuse et transparente, le shorebreak, petit est tout de même très puissant et le courant au bord est assez fort. Suffisamment pour arrêter prématurément la baignade de Jess. Moi je retourne chercher mes palmes pour m'amuser un peu. La vague est creuse mais pas effrayante. Par contre sa puissance d'impact est telle qu'elle crée un backwash juste en déferlant. J'avais jamais vu ça. Je décide de faire des photos mais je me fais rapidement interpeler par les lifeguards : trop dangereux pour les baigneurs... mouais, je vais pas faire le malin... Je sors. Il y a pas mal de bodyboarder à l'eau, des gamins pour la plupart qui se prennent de belles branlées en se laissant enfermer dans le tube.
Le soleil commence à décliner et on décide de retourner sur Pipeline pour regarder le coucher de soleil. La lumière est folle, les vagues sont encore plus dingues que le matin. Beaucoup de monde en surf et en aquashots dont Sylvain Cazenave. Les tubes ressortis sont nombreux, le spectacle est saisissant, la lumière incroyable. Les mecs restent à l'eau bien après le coucher du soleil. On rentre finalement à l'appart bien fatigués, avec plus de 1200 photos "tu vois que j'ai bien fait de prendre l'ordinateur".
J'en rajouterai sur cette galerie de temps en temps... j'ai pas fini encore de tout traiter
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